Sorceleur : « La Route d’où l’on ne revient pas » d’Andrzej Sapkowski

     Petite nouvelle d’une cinquantaine de pages, « La Route d’où l’on ne revient pas » d’Andrzej Sapkowski est un petit prélude à la saga du Sorceleur, mis en ligne gratuitement par les éditions Bragelonne en ce temps de confinement. C’était, pour moi, l’occasion de faire ma première incursion dans l’univers littéraire du Sorceleur (comme beaucoup, j’ai dévoré la série Netflix) et de faire la rencontre de Visenna et Korin, parents du fameux Geralt de Riv.

HMSFFFcli8-1-2 - Copie      Sur une route poussiéreuse, la puissante druidesse Visenna, en mission spéciale pour le Cercle, tombe sur un homme affalé au pied d’un panneau, le bras en sang et un cadavre non loin. Sur le panneau, un étrange avertissement  : les voies de droit ou de gauche vous ramèneront ici tandis que vous ne reviendrez pas de la voie de face. Une créature terrifie les environs, le kochtcheï, et seule Visenna peut les en libérer.

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Une plongée sombre mais limitée

     Dans cette courte nouvelle, on s’introduit graduellement au style et à l’univers d’Andrzej Sapkowski. L’auteur respecte les codes assez classiques de la fantasy, nous offrant un univers aux consonances médiévales où la magie inspire autant de respect que de frayeur. Les personnages aux caractères bien marqués, loin de tomber dans le manichéisme, permettent de s’immerger rapidement dans la nouvelle, de poser les règles de l’univers, tout en suscitant suffisamment de mystère pour intriguer et donner envie de continuer notre exploration. Avec cette petite nouvelle, l’auteur ne révolutionne certes pas le monde de la fantasy mais il fait une promesse intéressante : celle d’un univers complexe, mystérieux et assez sombre.

     Si l’aventure autant que les personnages sont très intéressants à découvrir, ils méritent néanmoins autant l’un que l’autre de davantage de développement. C’est le format de la nouvelle, finalement, qui contraint cet état de fait car on voit bien que, avec l’espace dont il dispose, l’auteur répond formidablement à ces objectifs. Il nous rend les personnages attachants, l’intrigue prenante mais le format contraint l’empêche d’aller plus loin, de les développer à sa guise, et il apparaît comme évident, à cette lecture, que son format de prédilection n’est pas la saga pour rien. On sent déjà les ramifications naissantes d’un univers qui aspire à s’étendre bien au-delà des ces quelques pages.

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Le mot de la fin

     Si la nouvelle est bien éloignée des aventures de Geralt, « La Route d’où l’on ne revient pas » constitue une première immersion dans l’univers du Sorceleur. Écrite avant le succès de la série et intégrée dans la chronologie a posteriori, la nouvelle n’exige pas une grande connaissance de l’univers pour être appréciée mais lire la préface de l’auteur à son sujet est une très bonne façon de se préparer à s’y plonger. Elle se savoure comme une bonne aventure fantasy, avec de la magie, de l’aventure et des personnages rendus très vite attachants. Visenna est un plaisir à rencontrer, forte et ambiguë à la fois, et savoir qu’elle donnera plus tard naissance à notre sorceleur préféré est la petite cerise sur le gâteau.

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