L’Épée de Vérité 8, de Terry Goodkind

Vous souvenez-vous qu’en 2020, pour faire passer le confinement plus vite, je m’étais remise à la lecture de la saga de L’Épée de Vérité de Terry Goodkind (cf. tomes 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) ? Eh bien deux ans plus tard, tortue que je suis, je lis seulement le tome 8 : L’Empire des Vaincus. J’avance doucement mais sûrement car plus les tomes passent, plus j’aime cette saga, qui se bonifie avec les tomes selon moi.

Enfin réunis, Richard et Kahlan reprennent la route vers le Nord, accompagnés de leur petite troupe qui s’agrandit au fil des rencontres. Mais sur la route, les ennuis se multiplient et la santé du Sourcier de Vérité devient inquiétante : des migraines causées par son don le terrassent et une grande faiblesse le prend, dont l’issue semble fatale s’il ne trouve pas un remède rapidement. Leur chemin est ainsi dévié, vers un royaume jusqu’alors inconnu qu’il faut désormais délivrer de l’invasion de l’Ordre Impérial. Un objectif difficile, rendu presque impossible lorsqu’il s’agit de délivrer un peuple qui condamne tout usage de la violence, même pour sa propre défense.

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Liberté & violence

Qu’elle soit physique ou spirituelle, la défense de la liberté est l’un des grands thèmes récurrents de cette saga. Mais dans ce tome en particulier, elle est abordée sous un angle différent : celle de la protection de la liberté par la violence. En somme, la liberté implique-t-elle la violence ? D’après le peuple que rencontre le Sourcier, il ne faut jamais répondre à la violence par la violence, au risque d’alimenter un cycle infini. Leur seule réponse est l’acceptation, le pardon, la conciliation, même face aux crimes les plus horribles. Pour Richard, l’adage serait plutôt Si vis pacem, para bellum : « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Pour lui, la violence est un mal nécessaire pour garantir la liberté à ceux qui la mérite. Mais alors, peut-on ainsi justifier la guerre ? Tout se permettre au nom de la liberté ? Si la réponse, pour l’auteur et son héros, semble équivoque, moi je la nuancerais davantage.

Faut-il se défendre fasse à la violence ? Oui, bien sûr. Néanmoins, il faut aussi savoir mettre une limite à ses actes, et ne pas tout justifier au nom de la défense de la liberté, comme a tendance à le faire un peu trop facilement Richard dans ce tome. C’est ce même argument qui conférait leur légitimité aux Croisades, par exemple (voire à d’autres guerres plus récentes). Car si l’on se permet toute violence au nom d’un idéal absolu de liberté, tout peut alors être justifié au nom de valeurs légitimes, auxquelles on croit fermement. Et en cela, l’Ordre Impérial ne diffère pas des forces du Sourcier. Mais ceci n’est que mon point de vue (plutôt simpliste) et cette question peut entraîner des débats sans fin, ce qui donne justement tout son intérêt au roman.

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Le mot de la fin

Chaque nouveau tome de L’Épée de Vérité est porteur d’une idée forte. Souvent présentée de façon assez simpliste, certes, mais avec suffisamment de profondeur tout de même pour laisser à réfléchir. Avec L’Empire des Vaincus, le cycle de la violence est remis en question : ses causes, ses solutions et la légitimité de chacun à défendre sa propre liberté. Une réflexion qui n’en a pas fini de faire débat et entraîne le lecteur dans un page-turner franchement captivant.

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