Les Fourmis, de Bernard Werber

      Après avoir grandement apprécié il y a quelques mois Les Thanatonautes, mon premier livre de l’auteur, je profite du confinement pour me lancer dans La Trilogie des fourmis de Bernard Werber avec le premier tome très justement intitulé Les Fourmis. Comme la première fois, j’ai été très rapidement prise dans l’intrigue et ai dévoré le roman page après page sans interruption. Une affinité avec l’auteur qui se confirme, car ce n’était pas le sujet qui faisait rêver l’entomophobe que je suis !

cli8-1-2 - CopieHMSFFF       Jonathan Wells hérite d’une maison de la part de son oncle qu’il a très peu connu. Il n’en sait que deux choses : il était passionné de sciences et il lui a laissé, à sa mort, un mot lui interdisant impérativement de descendre dans la cave de la maison. Mais lorsque Jonathan emménage avec sa femme, son fils et leur chien, une escapade de ce dernier le force à s’y rendre malgré tout. La descente sans fin qu’il y découvre l’effraye autant qu’il le fascine : impossible pour lui, désormais, de ne pas y retourner. En parallèle, 327e mâle, une fourmi rousse reproductrice, découvre l’existence d’une arme secrète qui pourrait bien remettre en question l’avenir de toute sa colonie. Mais comme personne ne semble s’en inquiéter, c’est à lui seul de résoudre ce mystère.

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Grandeur & tunnel

      Les Fourmis, comme son nom l’indique, fait le pari osé de nous faire rentrer dans la vie de ces minuscules insectes. À travers le parcours de quelques individus d’une colonie de fourmis rousses, nous découvrons les méandres souterrains de cette civilisation méconnue aux mécanismes psychologiques bien éloignés des nôtres. Grâce à la narration omnisciente qui suit le cheminement intérieur et extérieur de ces quelques fourmis, on comprend au fur et à mesure leur logique, leur façon de penser et d’agir. On se met à la place de ces petites fourmis, on accède à la dimension de leur univers et on admire, finalement, la grandeur de leur civilisation basée sur des valeurs bien plus profondes qu’on ne l’aurait supposé. Une civilisation presque utopique, finalement, constituée d’abnégation, de sens de l’effort et d’unité collective. Avec ses fourmis, Werber nous présente un modèle de vie fort et insoupçonné qui se meut en souterrain.

     En parallèle, les chapitres s’entrecroisent entre les aventures fourmis et les aventures de la famille Wells. Le mode de construction de cette partie de l’histoire fait énormément penser à celui des Thanatonautes : on progresse petit à petit dans un tunnel (la mort pour Les Thanatonautes, la cave pour Les Fourmis) dans lequel nos héros doivent franchir une série d’épreuves successives (physiques aussi bien qu’intellectuelles) pour pouvoir accéder à la révélation ultime, la clef de l’énigme, aussi bien pour les personnages que pour le lecteur. Et si j’avais été quelque peu déçue de la résolution finale des Thanatonautes, je ne peux pas en dire autant pour Les Fourmis. La construction est maligne, prenante, nous permet d’élaborer des hypothèses au fur et à mesure de la progression de nos héros et offre une véritable révélation à laquelle je ne m’attendais pas (ou pas complètement) à la fin. Le parallèle mis en place tout au long de l’intrigue prend tout son sens, le lien final entre Hommes et fourmis conclut toute la réflexion engagée par le livre et remet en perspective la relation entre les deux, au point de peut-être inverser le rapport de domination présupposé.

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Le mot de la fin

     Si on peut regretter une structure assez similaire d’une œuvre à l’autre, on ne peut en revanche remettre en question ni l’originalité, ni la plume de Werber. Véritable page turner, Les Fourmis nous entraîne dans un monde souterrain insoupçonné et haletant, pour mieux nous faire nous interroger sur notre propre nature, notre civilisation, nos valeurs et même notre finalité sur Terre. Il ne fait aucun doute que je poursuivrai ma lecture avec les deux autres tomes de La Trilogie des fourmis.

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5 réflexions sur “Les Fourmis, de Bernard Werber

  1. Rholàlà ça fait un (très) long moment que j’ai Les Fourmis dans ma PAL et jamais je ne prends réellement le temps de le lire… Ton article m’a donnée envie d’y remédier, et puis Werber est un auteur important 🙏🏻

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  2. J’ai relu cette trilogie il y a peu avec plaisir (même si à mon avis le premier tome est le meilleur des trois). J’admire vraiment la façon dont il rend ses histoires aussi farfelues soient-elles véritablement prenantes et crédibles.
    De mon côté, je pense relire Les Thanatonautes et les livres qui y font suite prochainement !

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    • C’est un auteur que je ne connaissais pas du tout avant Les Thanatonautes (à part de réputation, bien sûr) et ces 2 romans lus de lui sont deux gros plaisirs donc il était temps !
      Pour le coup, j’ai beaucoup de mal à envisager une suite aux Thanatonautes, que je trouvais déjà redondant sur la fin, mais il faudra que je leur laisse une chance. Le cycle des fourmis passera avant, tout simplement parce que j’ai déjà la suite sous la main^^

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    • Je ne m’en souviens pas bien vu que je les lisais il y a quinze ans, donc les redondances dont tu parlent me sont complètement sorties de la tête si tant est que je les ressentais, mais la suite change de ton : nous ne sommes plus avec des humains tentant d’explorer la mort. C’est… l’étape d’après en quelque sorte.

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