Le Clan des Otori, de Lian Hearn

     Aujourd’hui, chers lecteurs, je vous propose de ressortir de nos étagères une saga un peu hybride, qui se situe à la frontière de la fantasy sans vraiment en être tout à fait : je parle du Clan des Otori de Lian Hearn. Cette quadrilogie – pentalogie, si on y ajoute le préquel – a marqué mon adolescence – et sans doute pas que la mienne – par son originalité et l’ouverture qu’elle m’offrait vers un nouveau type d’univers médiéval, celui du Japon à l’ère des samouraïs.

      Takeo est un jeune garçon qui échappe de justesse à la destruction de son village grâce à un samouraï, Shigeru, qui fait de lui son fils adoptif. Mais cette adoption marque un changement de vie radical pour Takeo qui découvrira la culture guerrière et devra passer sa vie à jongler entre quête d’amour et de vengeance.

Ligne horizontale       Adoption & valeurs.

      La saga est centrée sur le personnage de Takeo, un jeune garçon issu d’une culture – les Invisibles – persécutée pour sa religion jugée impie. On assiste donc à la destruction de son village et de sa communauté avant de le voir sauvé par Shigeru, son père adoptif. Et l’adoption demeure une motif bien présent tout au long de l’œuvre : on peut constater comme Takeo se retrouve tiraillé entre deux cultures aux antipodes l’une de l’autre, qui se condensent en lui et avec lesquelles il doit apprendre à cohabiter. Entre le respect de l’éducation profondément non-violente qu’il a reçu et la découverte de la culture guerrière dans laquelle il est intronisé, Takeo se trace sa propre voix. Un voix qui perpétue le respect de la vie qu’on lui a enseignée tout en apprenant de nouveaux codes nécessaires à sa survie. Cette double culture est particulièrement symbolisée par l’image des deux pères qu’il perd : son père biologique dont il apprend à gérer l’héritage compliqué et son père adoptif dont l’impératif de vengeance façonne son avenir.

        Ces deux cultures très opposées donnent tout d’abord l’impression d’être totalement incompatibles. Et pourtant, on s’aperçoit progressivement que les valeurs de l’une et de l’autre peuvent coexister et, mieux encore, s’enrichir. La religion des Invisibles véhicule des valeurs très pacifistes, assez proches des valeurs bouddhiques, avec un respect de la vie sacré. Tandis que la voix guerrière des samouraïs, elle, place l’honneur au-dessus de tout, d’où le besoin absolu de Takeo de venger la mort de Shigeru. À travers cette saga, on peut découvrir différentes cultures aux valeurs éloignées de nos traditions occidentales. On plonge dans un univers japonais féodal, bien sûr romancé, mais qui en restitue les principales caractéristiques pour une découverte détournée toute en douceur.

Ligne horizontale       Imaginaire & récit.

      Si on sait dès le départ que le père biologique de Takeo lui laisse un héritage compliqué du fait de ses origines Invisibles, on n’apprend que plus tard que celui-ci faisait partie d’une autre communauté encore plus secrète, nommée la Tribu. À travers lui, Takeo a hérité de dons extraordinaires mais assorti de devoirs plus que contraignants envers la Tribu à qui il doit obéir en toutes circonstances. Une ouïe sur-développée, une capacité d’hypnose, des réflexes surhumains… Ces donc prennent diverses formes en fonction des familles composant de la Tribu mais cette organisation secrète permet de nous rappeler le côté imaginaire de la société dépeinte par Lian Hearn. Si elle est largement inspirée du Japon féodal et permet de construire de nombreux parallèles avec le monde réel, elle demeure une invention qui peut se permettre de prendre des libertés avec la réalités historiques au profit de la fiction.

       Le récit du Clan des Otori semble très inspiré des contes traditionnels japonais mais aussi mêlé avec la tradition épique de la fantasy. Lian Hearn effectue un mélange des genres qui crée un récit original et plutôt unique en la matière. Les descriptions d’épopées guerrières et de combats sanglants se mêlent avec talent avec les envolées lyriques et sentiments romantiques. Entre amour maudit à la Roméo et Juliette, revanche folle comme Le Comte de Monte Cristo et escrime grandiose façon Trois Mousquetaires, les styles se mêlent et s’entremêlent pour créer une saga pleine de rebondissements qui satisfera des types de lecteurs très différents mais unis par un désir de suspense et de tension palpable jusqu’au bout, à la recherche de cette happy ending si incertaine et difficile à atteindre.

      Le Clan des Otori a marqué mon adolescence et ne m’a jamais déçue lors de mes nombreuses relectures de la saga, je ne peux donc que vous conseiller d’y plonger si ce n’est encore fait ! Pour ma part, j’ai bien l’intention de me lancer bientôt dans Shikanoko, nouvelle quadrilogie de l’auteure prolongeant son univers puisque se déroulant dans le même monde. Je ne manquerai pas de vous en parler à l’occasion mais il s’avère que « ceci est une autre histoire, qui sera contée une autre fois ».

9 réflexions sur “Le Clan des Otori, de Lian Hearn

  1. Avec Harry Potter, Le clan des Otori est le pilier de mon adolescence j’ai pleurer toutes les larmes de mon corps à la fin du premier volet et j’ai été incapable de rouvrir un livre pendant des mois ! Merci pour cette délicieuse plongée dans l’univers de Lian Hearn 😍

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