Un Éclat de Givre, d’Estelle Faye

Après avoir commencé par sa suite, Un Reflet de Lune, je me lance à la découverte des origines de mon Chet préféré avec Un Éclat de Givre d’Estelle Faye, aux éditions ActuSF. Et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai pu retrouver la plume toute en finesse de l’autrice, son univers post-apo et son héros next gen.

Dans un monde que l’humanité a détruit par ses propres excès, Paris est une péninsule de vie isolée des banlieues. Mais le monde a bien changé, les ressources manquent et l’ancienne société est oubliée. Il reste juste une vie nouvelle, bien différente des temps d’avant. Au milieu de tout ça, surnage Chet. Personnage atypique, satellite sur sa propre orbite, amoureux convaincu et expert pour se créer ses propres problèmes.

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Excès & solitude

Ce premier tome commence in medias res, avec Chet, notre héros, qui nous plonge directement au cœur de ses déboires au milieu de la vie parisienne. Très vite, le lecteur peut s’apercevoir que le Paris qui est présenté dans le roman est loin du Paris que nous connaissons, et nombreuses sont les références à ce « monde d’avant » sans pour autant avoir d’explication immédiate sur la cause de tout cela. La cause, on la découvre plus tard, au fur et à mesure. Au début, ce que nous voyons, ce sont les conséquences : un univers vicié, rongé, qui se dégrade et un monde qui a trop tiré sur la corde et doit, désormais, vivre avec ce qu’il a lui-même provoqué. Une humanité qui, du coup, se réfugie dans l’excès de tout à défaut de pouvoir espérer le minium. Les causes, elles, se dévoilent progressivement, mais se sentent intimement lié à la surconsommation et aux excès en tous genres de l’humanité.

Et au milieu de tout ça, ce qui marque particulièrement, c’est ce personnage de Chet, qui nous narre son histoire à la première personne, et dont nous plongeons dans la psyché qui ne ressemble à nulle autre. De prime abord, Chet peut sembler un peu volage, passant son temps à papillonner d’une scène de spectacle à l’autre, d’un.e amant.e à l’autre, se noyant dans la fête et les plaisirs, sans aucune stabilité apparente dans sa vie. Et pourtant, si Chet semble si détaché de tout, c’est qu’il est trop attaché à tout, justement. Au fur et à mesure qu’on le découvre, grâce à cette très belle narration interne, on commence aussi à le comprendre. Ses douleurs et ses craintes deviennent nôtre, révélant une solitude extrême, une fragilité à fleur de peau, et faisant potentiellement écho à des sentiments que l’on a pu nous-mêmes connaître intimement à un moment ou à l’autre de nos vies.

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Le mot de la fin

Ne faites pas la même erreur que moi : commencez par le début, pour apprécier toute la saveur des aventures de Chet dans son univers hors du temps. En dehors de cet avertissement (dont les personnes censées n’ont même pas besoin, en fait), je n’ai sincèrement pas de reproches à faire à Un Éclat de Givre. Certains pourront trouver le rythme un peu lent par moments, les explications un peu longues à arriver, ou le personnage un peu trop à la marge, mais tout ça, pour moi, participe justement au charme de cette lecture pour laquelle on prend le temps de se poser. On se laisse porter par Chet, son univers et ses états d’âme, et on prend conscience de toute leur dimension à la fin, une fois le puzzle (ré)assemblé. Un univers que je recommande de découvrir absolument !

Une réflexion sur “Un Éclat de Givre, d’Estelle Faye

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