Andersen : Les Ombres d’un conteur, de Nathalie Ferlut

Je suis tombée un peu par hasard sur cette bande dessinée mais le topique m’a aussitôt intéressée : Andersen, Les Ombres d’un conteur de Nathalie Ferlut revient en dessins sur la vie du célèbre auteur de contes. Une vie que je ne connaissais pas mais qui mérite clairement de faire parler d’elle.

Hans Christian Andersen est un jeune homme passionné par l’art. Bien décidé, malgré les revenus modestes de sa famille, à dédier sa vie au chant, il va devoir se confronter aux misères de la grande ville et faire les bonnes rencontres pour avoir sa chance mais n’abandonnera jamais son rêve d’art malgré les difficultés personnelles.

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Conteur moral & sociétal

Les Ombres d’un conteur retrace la vie d’Andersen dont on découvre les périples pour devenir conteur. Car telle n’est pas la vocation initiale du conteur : Andersen veut être un artiste, et peu lui importe le domaine. Mais Andersen vient également d’une famille pauvre et doit se battre pour trouver un mécène et avoir l’occasion de vivre de son art. Il est très intéressant de voir comme la BD fait le parallèle entre l’inspiration créatrice qui vient chuchoter à l’oreille du conteur et les réalités financières très concrètes auxquelles il doit faire face. C’est un portrait finalement très commun de la vie d’artiste, où la liberté de création se retrouve censurée par le besoin de plaire pour pouvoir subsister. Ainsi, ce qui décide Andersen à devenir conteur plutôt que chanteur, dramaturge ou poète (et donc à marquer l’histoire littéraire), ce n’est pas tant son aspiration personnelle que la réception de ses œuvres, ses contes rencontrant le succès.

De même, sa vie entière est marquée par l’influence de la société qui l’entoure. Andersen est un être à part, qui ne rentre pas dans le moule, malgré tous ses efforts, de la normalité telle que définit par la société de l’époque. Hors, cette « anormalité » qui le définit est autant sa force pour écrire que sa faiblesse pour s’intégrer. On suit alors un homme qui, toute sa vie, va devoir souffrir de vivre dans la lumière pour son art, tout en étant rejeté par la société pour ce qu’il est profondément. Il va devoir, pour être accepté, renier son homosexualité, mais ne pourra, de ce fait, jamais vivre en paix avec lui-même.

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Le mot de la fin

Andersen, Les Ombres d’un conteur nous présente la vie d’un artiste dans toute sa réalité, avec ses joies comme avec ses souffrances. On y croise la beauté comme la cruauté, on s’attache à ce jeune homme atypique, touché par l’inspiration créatrice qui jamais ne le quittera, mais qui reste à jamais comme un enfant perdu dans un monde cruel. Que ce soit par cette BD ou par un autre support, la vie d’Andersen mérite d’être découverte et Nathalie Ferlut mais son histoire très joliment en images.

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