La Fabrique de poupées, d’Elizabeth Macneal

C’est par le truchement des réseaux sociaux et le prêt d’une amie que j’ai découvert La Fabrique de poupées d’Elizabeth Macneal, un roman qui m’a sortie de ma zone de confort pour le plus grand bien. Thriller mêlé de romance qui parle d’art au milieu du Londres du XIXe, en pleine exposition universelle, Macneal sait construire roman est riche qui tient en haleine.

Iris est une jeune femme privée de liberté. Affectée d’une légère difformité, elle a renoncé à l’espoir de trouver l’amour et obéit sagement à ses parents qui l’ont aidée à trouver une place dans un magasin de poupées, où elle peint les petits visages de porcelaine à longueur de journée. Pourtant, Iris s’ennuie dans cette vie sans épices. Mais deux rencontres s’apprêtent à changer sa vie : Louis Frost, un peintre qui va lui faire découvrir la magie de l’art, et Silas, un taxidermiste qui développe une étrange obsession pour la jeune femme.

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Entre passion & obsession

Le roman de Macneal parle de passion à plusieurs égards. La passion amoureuse, bien sûr, est présente et prend plusieurs formes entre premiers balbutiements pour Iris, terrain connu pour Louis et obsession malsaine pour Silas. Mais la passion s’exprime aussi à travers celle, brûlante, développée par Iris pour l’art. Elle y voit alors une bouffée d’air frais dans sa vie étriquée : Iris éprouve un vrai besoin de liberté, qui va pouvoir trouver un exutoire par le biais de l’art. La passion est ce qui fait pleinement la différence entre la peinture qu’elle effectue, mécaniquement, pour la fabrique de poupées et la peinture artistique qu’elle découvre et qui lui permet d’exprimer pleinement son être. Et la passion s’exprime encore dans divers destinées croisées dans le roman : celle de Silas pour les difformités crées par la nature, celle d’un jeune garçon des rues qui rêve d’un dentier pour paraître enfin normal, celle des amis de Louis pour la place de leurs peintures à l’exposition universelle…

Mais ces passions connaissent toutes la même dérive : l’obsession. Qu’elle soit amoureuse, artistique ou autre, la passion, dans ce roman, vire toujours à l’obsession. Elle empiète sur tous les autres aspects de la vie de celui qui la ressent, emplit ses pensées et en vient presque à lui faire perdre la raison. Car la raison est, finalement, le seul garde-fou exprimé entre passion et obsession, celle qui ramène le passionné à des sentiments plus modérés au risque sinon de basculer dans la folie. Une construction en parallèle qui nous fait réaliser à quel point la limite est étroite entre une personne considérée comme saine d’esprit et une comme ne l’étant pas. Et même si je ne développerai pas car j’ai déjà eu l’occasion de développer la thématique à propos d’autres romans, un parallèle similaire est dressé en ce qui concerne, de manière plus générale, l’anormalité et la difformité (de corps comme d’esprit).

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Le mot de la fin

La Fabrique de poupées n’est pas un livre parfait : il aurait mérité à creuser ses thématiques un peu plus profondément, à prolonger son univers pour nous proposer une réflexion sérieuse sur des sujets seulement effleurés. Néanmoins, en peu de pages, Macneal met en place un univers et des personnages passionnants, qui savent nous accrocher jusqu’à la dernière page, font passer un bon moment de lecture tout en instillant quelques graines de réflexion. Et ça, c’est déjà pas mal ! Un livre qui ne me marquera probablement à long terme, bien qu’il en ait eu le potentiel, mais que j’ai trouvé très agréable à lire et qui m’a donné envie d’aller lire Le Parfum de Süskind.

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