Erika et les princes en détresse 2, de Yatuu

Après avoir dévoré le tome 1 en ligne, je me suis astreinte à m’arrêter dans ma lecture car je voulais absolument découvrir le plaisir du tome 2 d’Erika et les princes en détresse sur papier. Et grâce à la campagne Ulule 2021 de Yatuu, c’est désormais chose faite. Je ne les ai pas moins dévorés, mais j’ai savouré chaque subtilité de l’illustration sur le papier. Pour rappel, la BD est toujours disponible gratuitement et en intégralité sur le blog de Yatuu.

Erika est la princesse du royaume de Brute, où les femmes sont fortes et sans pitié tandis que les hommes sont frêles et délicats. Mais en tant que princesse, Erika doit se marier à un prince si elle veut accepter au pouvoir. Refusant de se marier, elle relève un défi fixé par sa mère : sauver les princes en détresse des royaumes voisins. Après avoir sauvé Blanc-en-Neige, Erika part à la rescousse du prince Aurel. Mais à Brute, le peuple gronde : c’est assez, les hommes veulent la même reconnaissance que les femmes.

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Revendications & rebondissements

C’est une BD féministe. Depuis le premier tome, c’est indéniable, le pitch même de l’histoire l’est. Le premier tome était très pédagogue : il mettait des situations courantes acceptées sur les femmes pour mieux en montrer l’absurdité une fois les situations transposées sur des hommes. Pourtant, dans ce second tome, les hommes se rebellent. La féminisation des professions et de leurs noms est remise en cause, l’égalité des genres et des chances est revendiqué, le harcèlement sexuel est dénoncé. On passe d’hommes soumis dans le premier tome à des hommes revendicatifs dans cette suite. De quoi faire passer le message fort que les hommes sont aussi capables que les femmes (et inversement).

Et d’un autre côté, la BD ne se contente pas de ça. Au-delà de son riche enseignement, de sa prise de position et sa morale, la bédéiste s’échine tout de même et avant tout à nous proposer une histoire passionnante, pleine de rebondissements, avec des personnages fort bien caractérisés et un univers qui s’enrichit de chapitre en chapitre. Si la création de cette BD a pour base cette idée résolument féministe, elle ne se contente pas d’être un manifeste pour le féminisme avec une vague trame de fond et quelques blagues pour émailler le tout. Elle peut se targuer de véritables velléités romanesques qui nous embarquent dans une quête épique au dénouement incertain. Car oui, je l’avoue, malgré tout, la question me tarabuste tout de même : Erika va-t-elle finir par s’amouracher d’un des princes ou non ? (Voire, est-ce déjà fait ?) On s’attache à cette jeune princesse qui veut vivre sa vie comme elle l’entend et finalement, c’est quand même tout le cœur du propos.

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Le mot de la fin

J’aurais pu croire à un peu de lassitude, une fois l’originalité du pitch passée, et pourtant ce deuxième tome d’Erika et les princes en détresse est bien à la hauteur du premier et au-delà. Le dessin de Yatuu, déjà plein de talent, continue à s’affiner pour ajouter plein de détails à l’histoire. Et le féminisme du pitch prend une nouvelle dimension quand elle passe de démonstratrice à dénonciatrice. Un humour salvateur et une quête épique à lire de toute urgence.

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