Mignonnes (2020)

Vous me connaissez maintenant, chers lecteurs, le cinéma français n’est pas mon dada de base. Pourtant, quand il aborde des thématiques actuelles, je lui laisse une chance et il me surprend régulièrement en bien. Et c’est le cas avec Mignonnes, qui suit le parcours d’Amy, 11 ans, fraîchement débarquée du Sénégal avec sa famille, qui découvre la vie parisienne et se prend de fascination pour un groupe de danseuses de son âge surnommées « les mignonnes ».

Sortie de séance :

J’ai aimé ce film. Ça n’aura peut-être pas été un coup de cœur monumental, pas un film coup de poing, pas de rires aux larmes ni de cœur brisé mais ça aura été un très bon visionnage qui m’aura marquée et donné l’envie d’en parler.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce film, ce sont les termes abordés. Globalement, le film parle de féminité. Mais de la féminité du point de vue d’une jeune fille de 11 ans, qui a encore tout à découvrir. Et ce point de vue donne à la fois une vision naïve, grossie mais aussi reflet cruel et véritable de l’image de la féminité véhiculée. Un point de vue qui, dans son inexpérience, a beaucoup à en dire.

Et ça parle aussi de plein de thématiques autour de la féminité, que ce soit en thème central ou par simple évocation : hypersexualisation des jeunes filles, pression sur les femmes, e-réputation, mauvaises fréquentations, tabou des règles, mésinformation sur la sexualité, culte de la minceur… Tout n’est pas abordé, bien sûr, mais la diversité des thèmes et la justesse avec lesquels ils sont abordés m’ont agréablement surprise.

J’ai aussi particulièrement aimé la manière dont l’histoire de cette jeune fille est raconté. Il y a une pudeur dans la façon de filmer, de dire les choses. Le film fait très photo-réaliste, donne l’image de la vraisemblance, aime les couleurs naturels et les dialogues authentiques, mais se permet aussi 2-3 scènes qui nous sortent totalement de ça, à base de métaphores et d’excès de couleurs rafraîchissant.

L’aspect multiculturel de ce film est également un point très positif. On aborde le point de vue de la famille d’Amy, dirigée par une tante très traditionaliste, avec une maman ultra-touchante coincée entre carcan social et volonté très claire d’épargner à sa fille ce qu’elle vit elle-même. Mais on a aussi en filigrane des bribes sur les familles des copines d’Amy, originaires de France, d’Amérique latine ou d’Afrique, contre-balançant l’expérience vécue par Amy.

X En négatif, je relèverais tout de même que les personnages des « Mignonnes » sont parfois insupportables. Certes, le choix est à la caricature mais difficile d’avoir de la compassion, parfois, pour des jeunes filles qui semblent n’avoir aucune valeur. Et difficile de comprendre Amy dans son obsession pour des gamines aussi blessantes ; de croire en l’importance pour elle d’une amitié si fausse.

Mais je contrebalancerai le point précédent en faisant remarquer à quel point cela démontre la justesse de jeu des acteurs, et particulièrement des actrices. A aucun moment du film, je n’ai vu des gamines jouer un rôle ; j’ai vu le rôle qu’elles incarnaient et rien d’autre, avec une justesse d’émotion qui m’impressionne.

X Je dirais également qu’il y a quelques longueurs dans le film. Des moments d’entre-deux ou on attend une progression qui stagne. Certaines scènes semblent superflues, se répéter ou n’avoir pas d’importance réelle que ce soit pour l’intrigue ou le développement des personnages. Certes elles sont rares, mais ça reste à noter.

Enfin, plus que tout, j’ai aimé la conclusion du film. Attention, petit spoil. La conclusion est celle du compromis. Entre gamine et femme hypersexualisée ; entre fille parfaite et dévergondée ; entre respect de la tradition et perdition totale… Amy peut être un peu de tout ça, et elle-même à la fois, sans avoir à se conformer strictement ni à l’un ni à l’autre et ça, c’est quand même un message super positif et rassurant.

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En bref : C’était un retour en salles réussi, pour moi. Mignonnes est un film qui parle de féminité, qui interpelle sur des sujets de société. Entre fascination et répugnance, on suit avec émotion les déboires de cette jeune fille qui s’est perdue à force de trop se chercher.

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Une réflexion sur “Mignonnes (2020)

  1. Il ne me fait pas envie mais dur de ne pas en entendre parler avec toute la polémique autour de l’affiche américaine et surtout de l’extrait sur la chorégraphie très suggestive des filles. Je trouve la polémique idiote au vu du peu de personnes qui critiquent et qui n’ont apparemment pas vu le film en entier mais je ne pense pas le regarder pour me faire propre avis.

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