Play (2020)

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        Je suis allée voir Play en début d’année, un peu par défaut : il passait à la bonne heure, au bon endroit et le pitch avait l’air sympa. Mais je n’en attendais pas grand chose de plus qu’un divertissement correct, étant toujours méfiante avec les films français (franco-belge, pour être exacte, mais on ne se refait pas !). Et Play m’a eue. Il m’a clairement eue avec son découpage particulier, en petits bouts de films enregistrés à la volée, par-ci par-là, par Max, un jeune garçon auquel on offre sa première caméra et que l’on suit, par courts extraits, dans son cheminement vers l’âge adulte avec sa bande de potes.

    Sortie de séance :

     J’ai adoré Play ! Si les 15-20min de début sont un peu compliquées par cette mise en scène si particulière qui fait qu’on a du mal à rentrer dedans de prime abord, on se laisse très vite emporter dans la vie de ces personnages qu’on voit se dessiner par petits bouts, au point qu’il est difficile d’en décrocher.

     Parti pris très risqué, qui a même fait fuir quelques spectateurs en début de séance, la mise en scène reposant uniquement sur des bouts de films que Max aurait tourné, avec son jeune âge et son amateurisme est réussie avec brio. On voit Max se dessiner dans le feutré, autant par sa présence face caméra que par son absence. On voit les différents modes d’enregistrement évoluer avec les années (le passage au smartphone est particulièrement bien rendu). On voit la personnalité du héros évoluer en fonction de ce qu’il choisit de filmer : des simples bêtises d’enfances aux moments importants de la vie d’adulte, l’intention change et marque la prise de maturité de Max.

   X On pourra quand même reprocher à cette prise de risque le temps d’adaptation qu’elle exige. Il n’est pas naturel de se plonger directement dans ce montage très déstructuré, dont on ne voit pas la finalité de prime abord, surtout en commençant par des images d’enfance sans vraiment de but affiché. C’est au spectateur de faire l’effort, au départ, de s’intéresser et d’essayer de comprendre.

    En point très positif, il faut dire que l’ambiance de chaque époque traversée est très magnifiquement rendue. Entre passages clefs de l’histoire collective (on pensera à cette longue scène sur la coupe du monde 98) et instants capturés de la vie de tous les jours, on se sent véritablement plongé dans une espèce de nostalgie d’une époque qu’on a ou non vécu (même pour moi, qui suis née un peu plus tard, les évènements des années 80 ont été des rappels vers l’enfance / l’adolescence).

Play (2)

    Je ne différencierai pas personnages et acteurs car je ne sais ce qui m’a le plus convaincue. Entre l’écriture, la sensibilité de chaque personnage, qui apparait beaucoup par le non-dit du fait d’une extrême pudeur du sentiment dans ce film et l’interprétation d’une justesse folle des acteurs, on les sent vrais, sans exagérations, sans surjeu.

    De même, les relations entre personnages sont très belles, très authentiques. On n’est pas sur du retournement de situations à la Dallas ou sur des stéréotypes de personnages de blockbuster. On a des relations imparfaites mais qui donnent une image sincère de l’amour, de l’amitié, de la parentalité, sans grandiloquence mais juste vrai. Et cela se ressent aussi beaucoup dans les « non-relation » : de l’enfance à l’âge adulte, certains personnages disparaissent, sans trop d’explication, mais c’est simplement parce qu’on ne garde pas tous nos amis d’enfance toute notre vie, les relations évoluent, et ça fait sens sans nécessité de développement supplémentaire dessus.

     X Le seul moment auquel je peux reprocher un manque de naturel dans tout ça, c’est l’une des scènes finales : la résolution du problème qui marque tout le film se fait via un appel visio qu’on sent vraiment forcé, assez peu crédible, juste là pour justifier que l’instant soit filmé. Mais ça s’explique par la nécessité de conclure ce film et c’est vraiment le seul moment où on ressent cette présence un peu trop forcée de la caméra pour justifier le film.

Clap (4)

       En bref : Je ne mets pas 5/5 à ce film, simplement parce que le message final est un peu simple à mon goût. Mais ça n’enlève rien au génie du film, à son originalité, à sa prise de risque et à sa justesse que j’applaudis à deux mains ! Je rêve de plus de films comme ça dans le cinéma français. Un vrai bonheur à découvrir, une petite bouffée de nostalgie et d’idéalisme que je vous encourage sincèrement à aller voir !

 

 

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