8 idées… Fausses en littérature

     Récemment, j’ai découvert l’existence de « l’effet Mandela », un étrange phénomène qui pousse des collectifs entiers à avoir des souvenirs communs… qui sont entièrement faux.

(Psychologie) Fausse croyance ou faux souvenir partagé par un certain nombre de personnes à travers le monde.

Et en y repensant, la littérature n’est pas exempte de ce phénomène : entre erreurs, confusions et petites imprécisions, nombreuses sont les idées fausses qui circulent et dont nous sommes pourtant parfois persuadés. Petit tour d’horizon sur 8 effets Mandela en littérature.

    1 ‖ Frankenstein est le nom d’une créature monstrueuse.2.jpg

     Idée très répandue et pourtant fausse, je ne surprendrai pas les férus de littérature en révélant que Frankenstein n’est pas le nom de la créature mais du créateur. En effet, dans l’œuvre de Mary Shelley, c’est le Dr. Frankenstein qui donne vie à une créature sans nom.


      2 ‖ « Le cœur a ses raisons que la raison ignore. »

     Nous avons tous déjà entendu cette citation très populaire des Pensées de Pascal. Et pour cause : elle est tellement romantique, n’est-ce pas ? Eh bien, c’est faux ! En la circonstance, Pascal ne fait pas allusion à la passion amoureuse mais à la religion : le cœur, c’est la dévotion à Dieu.


Victor_hugo_gavroche_a_11_ans       3 ‖ Gavroche est orphelin.

      Ayant choisi Gavroche comme sujet de mon Mémoire de lettres, il va sans dire que je suis une inconditionnelle des Misérables que je connais en profondeur. Aussi, de nombreux éléments du récit coulent de source pour moi et j’ai été bien surprise de constater que beaucoup de gens ignoraient que Gavroche a bien une famille et même parfaitement en vie, qui plus est. Il est le fils des Thénardier ! Et les deux autres gamins des rues qu’il recueille sous son aile plus tard, ne sont autres que ses petits frères, délaissés comme lui par leurs parents égoïstes.


     4 ‖ « Élémentaire, mon cher Watson ! »

     Célèbre réplique de Sherlock Holmes, celle-ci est indissociable du personnage créé par Arthur Conan Doyle. Et pourtant, Sir Conan Doyle ne l’a jamais écrite. Son personnage utilise bien les deux expressions « élémentaire » et « mon cher Watson » séparément, mais ce ne seront que les adaptations cinématographiques ultérieures qui les associeront plus tard.


    5 ‖ « La fantasy », en bon français, c’est le fantastique.

     Eh non ! Fantastique et fantasy sont deux genres à bien distinguer l’un de l’autre. Tout au plus, si vous n’aimez pas les anglicismes, vous pouvez parler de « fantaisie », mais l’usage est très peu usité. Pour les distinguer :
– le fantastique laisse planer une part d’incertitude dans ses intrigues. On ne sait jamais s’il faut croire à un évènement surnaturel dans le récit, ou s’il faut privilégier une explication rationnelle autre (coïncidences, folie des protagoniste, point de vue tronqué…). C’est au lecteur d’interpréter.
– en fantasy, pas d’interprétation possible. On est dans un univers, distinct ou non du monde réel, dans lequel une certaine forme de magie a cours.


     6 ‖ Harry Potter, ce n’est pas de la fantasy.

     Et puisqu’on est dans la thématique : si, Harry Potter, c’est de la fantasy. Le fait que ça se déroule dans le monde moderne, avec une accointance avec le monde réel (le monde moldu) a perturbé beaucoup de non-initiés pour lesquels la fantasy, c’était forcément dans un monde à part à la Tolkien. Mais non ! Si vous vous référez à la distinction précédente, vous voyez bien qu’on y est. Et ce même si J.K. Rowling, en connaisseuse, s’est bien amusée avec les codes des genres en insinuant souvent une possible « folie » de Harry et de ses congénères sorciers comme explication rationnelle donnée par sa famille moldue.


        7 ‖ Valmont est un grand séducteur.

     Si une chose m’a toujours choquée sur Les Liaisons dangereuses, c’est toute l’indulgence qu’on accorde au Vicomte de Valmont. Il est un peu manipulateur, certes, mais il est si beau et charmant ! Sauf que non. Le personnage de Laclos est un violeur : il prend Cécile de Volanges de force alors qu’elle est en larmes et Mme de Tourvel alors qu’elle est évanouie après un refus verbalisé. Autre temps, autres mœurs, me direz-vous encore, et vous auriez raison : je ne prétends pas juger une autre époque ; je précise juste que le lecteur actuel doit savoir faire la distinction. Car quitte à enfoncer une porte ouverte (qui garde pourtant encore les traces du cuir chevelu ensanglanté des trop nombreuses personnes s’étant fracassé le crâne dessus) : le viol, ce n’est pas charmant. Jamais. Merci de l’intégrer.


     8 ‖ Molière est mort sur scène.

     Ah, quelle est belle cette légende urbaine ! Quoi de plus romanesque, pour le plus grand auteur de théâtre français, que de mourir sur scène, sous les vivats du public, en pleine interprétation du Malade Imaginaire ? C’est vrai, mais c’est peut-être un peu trop romanesque pour être vrai, justement. En fait, l’histoire est surtout un peu trop romancée : Molière a bien interprété Le Malade imaginaire le jour de sa mort, mais il est décédé peu de temps après la représentation, alors qu’il avait déjà regagné sa résidence parisienne. Trop beau pour être vrai, mais pas loin de la vérité quand même.

Et voilà 8 idées fausses ou approximatives que j’ai souvent vues revenir en littérature. Y croyiez-vous ou êtes-vous surpris de les découvrir ? Si vous en connaissez d’autres, surtout, n’hésitez pas à m’en faire part car je serais curieuse de les connaître (peut-être me fais-je de fausses idées aussi !).

15 réflexions sur “8 idées… Fausses en littérature

    • Alors l’histoire, c’est une conférencière qui, juste avant de monter sur scène a appris que sa conviction que Nelson Mandela était mort en prison était fausse (à cette époque, il était encore bien vivant). Elle ne comprenait pas comment cette idée avait pu être ancrée si fermement dans sa tête, sans avoir aucun fondement véritable. En montant sur scène, elle ressassait encore cette idée et décida de poster la question à son auditoire : « Qui pense que Mandela est mort en prison ? ». A sa grande surprise, la moitié de la salle a levé la main. La moitié de la salle partageait un souvenir (de l’avoir lu, vu ou entendu quelque part), une conviction commune qui était totalement fausse. C’est à partir de cet évènement que des sociologues ont commencé à s’intéresser à ce phénomène et l’ont nommé « effet Mandela » en conséquence 🙂

      Aimé par 2 personnes

  1. Je savais pour Gavroche, je n’ai jamais lu Les Misérables mais le sujet me rend très curieuse alors j’ai fouillé un peu le net et j’ai lu ça. Pour la différence entre fantastique et Fantasy, je fais l’erreur par contre. Je me dis toujours que Harry Potter c’est fantastique et le Seigneur des anneaux c’est fantasy ^^

    Aimé par 1 personne

    • Joli, pour Gavroche ! J’avoue avoir été moi-même surprise à ma première lecture, tant les adaptations éludent totalement cet aspect du personnage^^
      Je comprends la confusion fantastique/fantasy, je l’ai longtemps faite aussi ! Les littératures de l’imaginaire sont si peu mises en valeur dans le domaine universitaire français qu’il est difficile de trouver des études fiables pour être au clair dessus ^^’

      Aimé par 1 personne

  2. Ping : C’est le premier, je fais le bilan ! Novembre 2019 | La tête en claire

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