Geisha, d’Arthur Golden

      Je ne vais pas le cacher : si je me suis lancée dans cette lecture, c’est uniquement parce que je suis une grande amoureuse du film Mémoire d’une geisha. Cette très belle adaptation m’a donné l’envie (une fois n’est pas coutume), de découvrir son suport original : le roman Geisha d’Arthur Golden. L’adaptation étant très fidèle, cette lecture ne m’a pas apporté beaucoup de surprises mais elle m’a replongée dans un univers fascinant et m’en a fait découvrir plus encore.

     Chiyo est une jeune fille japonaise, élevée dans un pauvre village de pêcheurs avec sa grande sœur, Satsu. Son destin aurait dû la mener à ne jamais quitter son petit village mais un hasard en a décidé autrement. Repérée par un homme riche pour ses incroyables yeux bleus, elle est emmenée à Tokyo pour devenir, après des années de rude apprentissage, l’une des geishas les plus renommées du pays. Mais cela veut dire abandonner sa vie, quitter ses parents très jeune, perdre sa sœur en cours de route et accepter d’être traitée des années durant comme rien moins qu’une esclave achetée pour servir l’okyia (la maison de geishas).

Ligne horizontaleSoumission & pouvoir de la femme

      Ce roman présente, d’entrée de jeu, une ambivalence de la femme qui va marquer toute l’histoire : elle est à la fois soumise et puissante. Soumise, Chiyo doit apprendre à l’être dès son plus jeune âge auprès des membres de son okyia et, plus généralement, de toutes les personnes qui font son éducation. C’est par l’obéissance qu’elle prouve sa volonté de devenir geisha, quitte à être traitée comme moins qu’un objet. Et même plus tard, lors de sa carrière, on constate une objectivisation certaine de la geisha qui est objet de plaisir, de beauté et de divertissement soumis au bon vouloir des hommes qui payent pour profiter de sa présence, et tout particulièrement son danna (son protecteur). Voire même, elles peuvent être renvoyées à leur simple statut de femmes dans un pays (un monde ?) phallo-centré, risquant mauvais traitements et agressions comme (malheureusement) tout à chacune.

       Et pourtant, dans cette culture japonaise dans laquelle nous fait pénétrer le roman, on comprend à quel point les geishas sont respectées dans leur petit univers (car ces coutumes s’exportent assez peu en dehors du Japon). Toute une industrie se construit autour du commerce des geishas, au point qu’elles deviennent une véritable force commerciale. Elles possèdent, en tant que communauté, un poids financier indéniable mais aussi, en tant que personnes, une aura qui force le respect. Tous ces sacrifices qu’elles ont fait leur permet d’atteindre un statut social supérieur à la femme moyenne. Elles sont indépendantes et usent de leurs charmes pour obtenir ce qu’elles souhaitent, mettant en place mille et une stratégies pour faire augmenter les prix. Leur pouvoir de séduction s’apparente presque à une stratégie martiale de conquête, millimétrée et terriblement efficace.

Ligne horizontaleLe mot de la fin

      Arthur Golden nous fait pénétrer, avec Geisha, dans un univers fictionnel terriblement réaliste, à la découverte de mœurs différents mais de personnages si semblables à nous par leur profonde humanité qu’il est impossible de ne pas s’y attacher. L’occasion d’une plongée littéraire dépaysante et passionnante.

 

 

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8 réflexions sur “Geisha, d’Arthur Golden

  1. J’ai aussi beaucoup aimé ce roman. Je trouve fascinant la dualité des geishas que tu soulignes. Leur statut est tellement paradoxal, entre d’un côté leur pouvoir social, leur aura, leur richesse, le respect qu’elles inspirent, et de l’autre la soumission aux désirs des hommes qui les financent.

    Aimé par 1 personne

    • Exactement ! Et puis pour nous qui les connaissons si peu (enfin, moi en tout cas^^’), elles sont entourées de cette espèce d’aura de mystère supplémentaire qui donne presque l’impression de les voir dotées de pouvoir mystiques pour pouvoir charmer avec un simple poignet dénudé… Alors que ce sont des années de travail savaient orchestrés ! 🙂

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