L’Assassin royal – 1er cycle, de Robin Hobb

     Classique parmi les classiques de la fantasy, L’Assassin royal de Robin Hobb compte parmi les incontournables du genre et ce n’est pas pour rien. Le premier cycle de L’Assassin royal compte les tomes 1 à 6 en français (correspondant à une trilogie en anglais) et forme une histoire close. Il suit la formation et l’évolution progressive de celui qui donne son titre à la saga : FitzChevalerie, bâtard du roi et assassin à son service.

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       Les 6 tomes de ce cycle débutent avec l’arrivée de FitzChevalerie au château des Loinvoyant, lignée dirigeante du royaume des Six-Duchés. Fitz a 6 ans, aucun souvenir et est sur le point de devenir l’un des personnages les plus importants du royaume. Fils bâtard du prince héritier décédé Chevalerie, il est recueilli par son grand-père en échange d’un serment : sa fidélité absolue. Élevé par le maître d’écurie Burrich et instruit en secret par le demi-frère bâtard du roi, Fitz doit apprendre à survivre, à tuer et à maîtriser les pouvoirs dangereux qui grandissent en lui. Et au milieu de tout ça, le petit garçon doit encore apprendre à grandir pour devenir un homme… si on lui en laisse le temps.

Ligne horizontaleRoman d’apprentissage pour un anti-héros moderne

       Dans ce premier cycle, on suit Fitz depuis l’enfance, tout au long de sa formation jusqu’à l’âge adulte. À l’image des romans d’apprentissage déjà en vogue à l’époque de Chrétien de Troyes, on voit notre héros grandir et évoluer à travers les tomes. Cet effet est d’autant plus renforcé que Fitz ne conserve aucun souvenir de sa vie avant son arrivée à la cour : au début du roman, il est aussi ignorant de l’univers dans lequel il atterrit que le lecteur lui-même et nous permet de le découvrir à travers ses yeux. Il apprend petit à petit les règles du jeu et, surtout, découvre sa place dedans.

       D’une naïveté enfantine, on le voit prendre conscience des dangers qui l’entourent puis s’adapter pour y faire face ; rappelant par beaucoup d’aspects le cheminement d’un certain Perceval à son époque. Mais contrairement au bienheureux Perceval, Fitz s’affilie à  la figure moderne du anti-héros. Il a beau vouloir faire le bien, Fitz fait souvent de mauvais choix qui provoquent des conséquences dommageables pour ceux qui l’entourent et pour lui-même. Il démontre cependant une volonté de réparer ses erreurs et un courage face à celles-ci qui font de lui un héros malgré tout. Un héros imparfait, souvent dévalorisé par son statut de bâtard et d’assassin, représentant tous les outsiders de la Terre, mais faisant de son mieux pour se comporter de façon héroïque.

Ligne horizontaleLa place centrale de la paternité

        Au milieu de cela, la paternité prend un rôle prépondérant dans ce premier cycle. Ce qui entraîne Fitz dans tous ces déboires, c’est sa filiation au prince héritier Chevalerie mais avec l’absence duquel il doit apprendre à grandir. Chevalerie est une image de l’homme parfait, impossible à atteindre. À la place de son père, Fitz rencontre son  grand-père, le roi. Figure de force et de protection, le rôle du roi est pourtant ambigu dans la vie de Fitz, le forçant à lui consacrer sa vie. Au final, c’est Burrich la présence paternelle qui guide Fitz. Malgré ses abords abrupts, c’est celui qui l’élève, l’éduque, en prend soin, le protège et le fait passer avant tout ; celui qui va même le pousser hors du nid  le moment venu. Et c’est bien grâce à Burrich que Fitz devient un homme. Une fois père lui-même, c’est de Burrich qu’il finit par tirer son exemple, finit par comprendre ce qui signifie ce rôle, faisant passer le bonheur de sa fille avant le sien.

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Le mot de la fin

      Bref, un premier cycle de L’Assassin royal sans fausse note. Robin Hobb sait avec maestria implanter son décor, ses personnages, et nous faire valser dans son univers entre intrigues politiques, militaires et amoureuses. Un must-read absolu.

 

7 réflexions sur “L’Assassin royal – 1er cycle, de Robin Hobb

    • Franchement, j’ai tendance à me méfier des auteurs trop encensés mais je dois dire que pour Robin Hobb, je trouve cela bien mérité !
      Si tu veux tenter avec un récit très court (une cinquantaine de pages), qui se lit rapidement (style épistolaire) et dans le même univers que L’Assassin royal (mais qui peut se lire indépendamment, sans connaître l’univers), je te recommande chaudement Retour au pays. Je viens de le lire et je pense que c’est une très bonne façon de se faire une idée du style de l’auteure avant de faire le grand plongeon 🙂
      Je publierai bientôt un papier dessus pour plus d’infos !

      Aimé par 1 personne

  1. Se retrouver catapulté dans un univers dont on ne connaît ni les règles, ni les joueurs doit être d’un brutalité à peine inimaginable. Je trouve que Robin Hobb rend son protagoniste particulièrement réaliste ; même s’il peut sembler un poil calimero à certains lecteurs. J’aime comment l’autrice soulève d’abord un pan et éclaire petit à petit la magnifique tapisserie qu’elle a tissée.

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