Découvrons… La Perle, de John Steinbeck

      Totalement conquise par la puissance émotionnelle de Des Souris et des hommes, j’ai voulu essayer un autre roman de John Steinbeck, La Perle, aux thèmes en apparence bien éloignés du premier mais revenant finalement toujours sur la question de la nature humaine et de sa dualité, entre infinie tendresse et violence inouïe.

     Kino, pauvre pêcheur de perles, vit dans la misère avec sa femme et son fils mais leur cocon familial suffit à faire leur bonheur. Jusqu’à ce que Coyotito, leur fils, se fasse piquer par un scorpion : seule la découverte d’une perle prodigieuse pourrait leur donner les moyens de le soigner. La chance semble leur sourire quand Kino en pêche une mais celle-ci ne va faire qu’attirer toutes les convoitises.

Ligne horizontale        Convoitises & empathie.

       Quelle est la limite entre envie et convoitise ? Quand est-ce que le besoin naturel de se sortir de sa misère devient besoin malsain de s’élever au-dessus des autres ? C’est ce que je me suis demandé en lisant La Perle. L’histoire traite beaucoup des questions de croyance et de superstition mais le vrai danger arrive quand celles-ci prennent forme. En effet, la perle trouvée, ce sont en quelques sortes toutes ces croyances matérialisées, une chance qui favorise l’un plutôt que l’autre, au point de créer son malheur. On découvre le double tranchant de la superstition : formidable outil d’espoir pour ceux qui n’ont rien, elle devient aussi facteur de convoitise et de malveillance car ne sait accepter les faits pour eux-mêmes et doit sacraliser tout événement, y trouver une raison supérieure.

       Même si j’en ai moins apprécié la lecture que du premier roman, La Perle m’a tout de même captivée jusqu’à son dénouement car, progressivement, je ne voyais plus aucune échappatoire possible à cette histoire qui emprisonnait ses protagonistes. Cependant, le principal défaut que j’aurais à pointer du doigt dans ce livre est justement celui des protagonistes : malgré tous leurs bons sentiments, je ne me suis pas attachée à eux comme j’ai pu le faire avec Lennie et George dans Des Souris et des hommes, j’étais donc autrement moins préoccupée par leur destinée et cela enlevait pas mal de l’effet dramatique du dénouement. De plus, bien que j’aie eu envie de m’immerger dans la vie de Kino et de sa famille, je dois reconnaître que leurs croyances me laissent trop hermétique pour que je puisse réellement m’identifier à eux et à leur façon si particulière de raisonner. Ce qui m’en a le plus rapprochée, finalement, c’est simplement l’amour familial qui les lie et leur motivation aussi simple qu’universelle : prendre soin de leur enfant.

Ligne horizontale        En bref :

       Si La Perle n’aura pas le même impact sur vos mémoires qu’a pu en avoir Des Souris et des Hommes, la morale délivrée par Steinbeck n’en est pas moins abâtardie pour autant dans cette courte histoire. C’est toujours avec la même maestria que l’auteur nous présente la nature humaine, de ses plus beaux élans à ses plus basses vicissitudes. Avec seulement un sujet qui, peut-être, nous parlera moins car plus éloigné de nos préoccupations propres, ne serait-ce qu’en apparence.

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