David Copperfield, de Charles Dickens

       Grande fan de Dickens depuis des années, il est temps pour moi de vous présenter, chers lecteurs, celui avec qui tout a commencé : David Copperfield, premier roman que j’aie lu de l’auteur et, encore aujourd’hui, de loin mon préféré.

        David, jeune garçon heureux, voit son bonheur bousculé lorsque sa mère se remarie à un homme dominateur qui maltraite aussi bien sa mère que lui-même. Exclu e chez lui, David est envoyé dans une institution pour garçons mais n’y fait pas long feu : au décès de sa mère, son beau-père décide de se débarrasser de lui en l’envoyant travailler à Londres où le jeune garçon connaîtra la misère.

Ligne horizontale       Enfance & injustice.

     L’auteur l’a reconnu lui-même : David Copperfield est un récit en partie autobiographique. De façon très romancée, bien sûr, mais apportant le point de vue très particulier d’un jeune garçon qui a vécu dans la pauvreté des rues londoniennes au XIXe siècle. Ce qui crée un mélange assez atypique entre dureté de la vie dépeinte et innocence d’un personnage encore en train de découvrir, sans réellement d’autre points de comparaison. La naïveté de ce personnage propulsé seul au milieu de la ville renforce, dès lors, le sentiment d’attachement naturellement présent du lecteur. On ressent, au fil des aventures du jeune David, une véritable empathie, une compassion pour tous ces garçons qui suivent le même parcours que lui. C’est aussi, quelque part, le réveil de notre propre âme d’enfant qui parle.

      Car à travers la vie fictive de David, c’est tout un monde de misères que le lecteur est invité à découvrir. C’est celui du travail des enfants à la fabrique, celui du froid et de la saleté des rues. Le jeune garçon ne connaît aucune forme de stabilité du moment où il est exclu de chez lui. Tout du long de son enfance, il subit plus qu’il n’agit sur les circonstances qui mènent ses pérégrinations, dominé par le monde des adultes et sans cesse renvoyé à son statut de membre inférieur dans la société. C’est un véritable cri protestataire que lance là Charles Dickens, un éveil des consciences sur le sort de milliers de jeunes garçons passés par le même chemin que son héros. Effet renforcé par la narration à la première personne : voilà la misère incarnée qui se présente à nous.

Ligne horizontale      Maturation & vocation.

     Ce qui crée mon attachement tout particulier à David Copperfield, c’est qu’on voit réellement le personnage évoluer à travers cette histoire, beaucoup plus que dans Oliver Twist. Nous nous contentons d’assister à une tranche de vie d’Oliver, quelques années depuis sa naissance jusqu’au retour d’une stabilité dans sa vie. Tandis que la période suivie par David Copperfield est beaucoup plus longue. Nous assistons à son enfance, bien sûr, mais le suivons également au-delà. De ses premières amours, à son entrée dans l’âge adulte, son mariage, son établissement dans la vie active… C’est tout le déroulé d’une vie que nous poursuivons aux côté de David, avec ses hauts et ses bas.

      Mais finalement, ce qui m’attachera le plus à ce roman, c’est son message profondément optimiste. Malgré la dureté du sujet, malgré la rudesse du milieu dans lequel grandit David, malgré toutes les épreuves à surmonter, le personnage réussit à s’en sortir. À partir de rien, de toutes pièces et de ses propres mains, il se construit une vie heureuse. C’est à la fois un mélange de bons choix de vie et, parfois, tout simplement de chance, mais c’est représentatif de la vie. David trouve sa vocation, exprime une attirance pour l’écriture, la lecture et on y ressent le retour du côté autobiographique du roman : David Copperfield, quelque part, n’est autre que l’avatar romancé de Dickens. Cela créé une sympathie supplémentaire pour le personnage et, surtout, boucle la boucle, entre introspection de l’auteur et prospection du personnage autant que du lecteur.

       Voilà donc mon avis pas du tout objectif sur David Copperfield de Charles Dickens, l’un des romans fondateurs de mon adolescence et sans doute parmi ceux qui m’auront le mieux réconciliée avec la littérature classique.

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5 réflexions sur “David Copperfield, de Charles Dickens

    • C’est une édition jeunesse en deux tomes que j’ai depuis mon enfance ^^
      Je n’ai pas encore lu De Grandes Espérances, pour le coup. J’ai déjà essayé mais le début me bloque. Il faudra que je m’y remette !

      J’aime

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