Découvrons… Elantris, de Brandon Sanderson

       À l’occasion de la sortie d’une nouvelle intégrale de la duologie de Brandon Sanderson chez Le Livre de poche, j’ai eu l’occasion de tester mon tout premier partenariat avec NetGalley. C’est donc grâce à eux que j’ai découvert avec délices Elantris et je les en remercie chaudement. Je connaissais l’auteur de réputation mais ne l’avais jamais lu, je savais seulement que je me lançais dans l’univers d’un grand nom de la fantasy et je dois dire qu’il ‘est montré à la hauteur de mes espoirs.

      Autrefois cité surpuissante, Elantris est désormais paria. D’étranges rumeurs circulent sur la maladie qui auraient décimé sa population, mais aucune n’est proche de la réalité. Ses habitants sont bel et bien morts, et pourtant ils continuent à circuler dans les rues… Et le mal se propage au-delà des murs de la ville. C’est dans ce contexte que Sarène arrive en ville pour son mariage et découvre avec stupeur l’annonce de la mort de son fiancé Raoden.

Ligne horizontale        Exclusion & secret.

       Dans cette histoire, on suit en parallèle deux personnages principaux : les fiancés Sarène et Raoden. Et on constate très vite que tous deux ont de nombreux points communs, malgré le fait qu’ils ne se connaissent pas réellement : ils sont mis à l’écart. Cela s’exprime de façon très différente. Le plus évident, c’est bien sûr pour Raoden qui, frappé par la maladie qui sévit à Elantris, est rejeté de son propre château et enfermé avec les autres malades dans les remparts de la ville. Il rejoint ainsi toute une communauté de bannis, de proscris qui sont tenus à l’écart de la bonne société sous le simple prétexte de préjugés. Les superstitions autour de leur maladie sont telles qu’on préfère les tenir éloignés plutôt que de chercher à comprendre. Mais il en va aussi de même pour Sarène qui, si elle ne subit pas le même apartheid, est tout de même victime de préjugés. Elle ne correspond pas à l’image qu’on se fait traditionnellement d’une princesse et est, pour cela, constamment pointée du doigt.

       C’est en fait la différence qui est rejetée de cette société ultra-normée et celle-ci est aussitôt cachée, comme un vilain secret. On ressent en effet une véritable honte qui se traduit par une forme de tabou collectif concernant la maladie qui ravage Elantris. Et je n’ai pu m’empêcher, à la lecture du roman, de faire le parallèle avec ces personnes déficientes mentalement qui devenaient la honte de la famille, le squelette dans le placard dans certains milieux – ce qui arrive encore malheureusement dans notre société actuelle. En somme, ce qui est différent doit être caché car il y a une honte à cela. Et rentrer dans ce jeu, c’est aussi se protéger, cela permet de ne pas être soi-même perçu comme malade ou différent. Se créé ainsi un effet de mimétisme, véritable cercle vicieux : rejeter les autres pour ne pas être rejeté soi-même.

Ligne horizontale      En bref :

      Elantris est un – gros – roman de fantasy qui ne renie pas ses origines, loin de là : il fait partie de la suite logique de cette première vague fondatrice du genre, qui aime à prendre son temps pour poser un univers solide et dense dans lesquels il dispose des personnages et des intrigues incitant au rêve, à l’évasion. Il sait cependant se distinguer par le cœur même de sa problématique, laissant la part belle aux préjugés qu’il s’amuse à déconstruire pour mieux en montrer les travers. Ne peut-on d’ailleurs y voir un clin d’œil ironique aux détracteurs de la fantasy y voyant un cousin abâtardi de la grande littérature qu’on est fier d’afficher ? Libre à vous de l’interpréter.

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4 réflexions sur “Découvrons… Elantris, de Brandon Sanderson

  1. C’est le premier roman de l’auteur que j’ai lu et qui m’a vraiment séduite. Depuis, j’ai découvert l’auteur et j’adore.
    Elantris est un premier essai et il est fort réussi. Pas sans défaut, mais vraiment bien. le temps pour poser un univers et une magie cohérente est une de ses marques de fabrique.

    Aimé par 1 personne

    • Il est clair que ce roman a des imperfections, mais je suis toujours très impressionnée que les auteurs de fantasy démiurges, qui savent créer un univers entier, dense et complexe pour appuyer leur message avec autant de pertinence. C’est quelque chose que je ne retrouve aussi fortement dans aucun autre genre littéraire et en cela, je dois dire que l’auteur m’a donné envie d’en lire d’autres de lui^^ Lequel me conseillerais-tu, du coup, toi qui t’y connais un peu plus ?

      Aimé par 1 personne

    • C’est peut-être moi qui extrapole totalement, après, mais c’est ce que ça m’a fait penser sur le moment, en tout cas^^

      Je te rejoins un peu sur les défauts de ce livre, en fait. Il manque de surprise et les personnages sont… ce qu’ils sont. Mais j’avoue que l’univers et les problématiques ont suffi à me satisfaire^^

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