Les Misérables, de Victor Hugo

      Monument de la littérature française, Les Misérables de Victor Hugo effraye souvent par son ampleur. Densité de son intrigue, volume de ses pages et profondeur de son analyse font peur. Et pourtant, c’est un roman qui fait toujours parler autant plus d’un siècle après sa rédaction. Pourquoi ? Tout simplement parce que son intrigue concerne des actions et des personnages passionnants, ses passages historiques peuvent être éludés pour une lecture purement littéraire et son analyse sociétale peut encore être comprise et appliquée au XXIe siècle.

      Fantine est une fille-mère : elle doit élever son enfant, la petite Cosette, seule. Mais pour aller gagner de l’argent, elle doit la confier à un couple de tenanciers peu scrupuleux : les Thénardier. Ceux-ci la ponctionnent tant qu’elle s’épuise et meurt. Son dernier geste est pour sa fille, qu’elle demande à son patron d’aller chercher pour elle. Elle ignore seulement que celui-ci est l’ancien bagnard Jean Valjean qui cherche à tout prix à se racheter auprès de la société, malgré l’inspecteur Javert qui est sur ses traces. Il choisit d’élever la petite Cosette désormais orpheline.

Ligne horizontale        Réalisme & dénonciation.

     Ce ne sera pas une surprise pour grand monde si je vous dis que Les Misérables fait partie du mouvement réaliste. En effet, son but était de dépeindre la société telle quelle était, sans l’améliorer ni l’aggraver, sans romancer la vie plus qu’elle n’est en réalité, en décrivant le quotidien tel qu’il est. Ce mouvement appuie particulièrement sur les différences sociales qui sévissent dans les grandes villes et c’est là tout le sens du titre de ce roman : s’attacher à suivre le récit des misères du monde tel qu’il est. Mais plus encore, Hugo y mêle même de l’épique et du romantique, créant ainsi une œuvre totale.

Tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.

      Le but affiché de Victor Hugo à la rédaction des Misérables est clair : dénoncer les conditions de vie de certains citoyens en en donnant un aperçu honnête. L’inégalité sociale fait rage à l’époque – et je ne lancerai pas le débat sur aujourd’hui -, les masses grondent et sont prêtes à organiser la Révolution mais personne ne les écoute. Alors Hugo leur donne la parole. À travers son roman, c’est toute une tribune d’honneur qu’il leur bâtit. Enfin, les projecteurs sont sur eux pour qu’on cesse d’ignorer cette misère qui nous entoure.

Ligne horizontale        Humanité & accessibilité.

        Si cette œuvre gargantuesque de Victor Hugo continue à nous marquer malgré son ampleur, c’est avant tout – selon moi, du moins – grâce à la profonde humanité qui caractérise ses personnages. Ce n’est pas pour rien qu’on s’attache au désir de rédemption de Jean Valjean, qu’on se passionne pour l’amour de Marius et Cosette, qu’on pardonne presque au besoin de revanche sociale des Thénardier, qu’on ne peut en vouloir à l’attachement viscéral de Javert à la loi… Ils sont construits de sorte qu’on puisse les comprendre et en deviennent tellement marquants qu’ils sont désormais lieux communs, jusqu’à Gavroche qui a pris valeur de nom commun.

         Tout cela aide beaucoup à rendre le roman toujours aussi accessible à travers les siècles : il n’est pas réservé à une élite particulièrement instruite mais est au contraire destiné à tous car tout un chacun peut se retrouver dans ses personnages et ses intrigues. Et c’était justement la première exigence de Victor Hugo que de rendre son livre accessible à tous. C’est pourquoi il a refusé le système du roman-feuilleton très en vogue à l’époque, qui consistait à publier son roman en épisodes dans chaque numéro d’un journal. À la place, il a exigé la publication d’un livre aussi peu cher que possible pour pouvoir toucher tout le monde.

        Une œuvre colossale et marquante que je recommande chaudement, quitte à sauter quelques pages pour n’en retenir que l’essentiel.

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6 réflexions sur “Les Misérables, de Victor Hugo

  1. Monument que je possède en anglais et que je n’ai pas encore lu… vu le pavé il y a de quoi avoir des réticences. Mais je le lirais ça c’est clair et net. Sinon très bonne critique qui donne vraiment envie et qui reprend les points fondamentaux du récit souvent cités

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  2. J’aimerai beaucoup le lire ! J’adore le film et à chaque fois, j’ai envie d’en apprendre plus. Mais il me fait très peur, j’ai peur de m’ennuyer une bonne partie du livre vu qu’il est assez long ^^

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