Les Quatre Filles du Dr March, de Louisa May Alcott

      Les Quatre Filles du Docteur March fait un peu partie de ces livres que tout le monde connaît dans les grandes lignes sans jamais l’avoir lu et je ne faisais pas exception à la règle. Jusqu’à la semaine dernière, où je me suis enfin décidée à me lancer dans ce classique de Louisa May Alcott qui traînait dans ma bibliothèque depuis l’enfance, avançant par la même occasion mon challenge des 100 livres à avoir lus dans sa vie. Les intrigues de demoiselle, c’est rarement ce que je plébiscite le plus mais il faut admettre que l’auteure sait rendre sont propos prenant avec un style suffisamment fluide pour nous attirer jusqu’au dénouement.

    Meg, Jo, Beth et Amy vivent toutes les quatre avec leur mère. Leur vie n’est pas simple : depuis que leur père a été envoyée au front, l’argent vient à manquer et les deux aînées doivent travailler pour aider aux besoins du foyer. Cependant, la joie n’a pas déserté la maison, loin de là.

Ligne horizontale        Contexte & convenances.

        Ce roman nous renvoie une cinquantaine d’années en arrière, en pleine Guerre de Sécession. Le contexte de l’histoire se fait donc forcément dur : la pauvreté et la misère parsèment le pays, le malheur s’abat sur les familles et la mort est omniprésente dans les vies de chacun. Même si le contexte historique ne constitue pas le fond du roman qui se veut plutôt littérature divertissante, il n’en marque pas moins les personnages et le décor qui les entoure. Les Quatre Filles du docteur March sait ainsi nous faire revivre ces années de guerre non par un récit détaillé du front mais par une ambiance, une tension latente qui touche chaque habitant et une volonté de continuer à vivre décelable chez eux malgré les circonstances.

       Ce registre particulier nous fait également découvrir d’autres mœurs que les nôtres. Ici, une jeune fille bien élevée doit s’en tenir aux convenances : elle ne peut se permettre d’être trop garçon manqué, trop amoureuse envolée, trop égoïste ou trop timide. Nos quatre jeunes filles sont donc chacune marquées par un défaut qu’elles doivent apprendre à corriger au fil de l’histoire. De fait, les filles March servent d’exemples à ses lecteurs – ou plus précisément, à ses lectrices – puisque Louisa May Alcott est l’une des premières à avoir fait le choix de cibler un public adolescent, jusqu’alors délaissé. Son roman vise donc à leur faire intégrer, au-delà du divertissement, le bon comportement à adopter pour répondre aux convenances établies par la bonne société, montrant aussi des vertus à foison pour mieux les inspirer.

Ligne horizontale         Différence & bonheur.

         Pourtant, cette différence que cultivent les personnages font aussi ce qui les rend attachants. Elles ont beau affiner leur caractère pour atténuer leurs défauts, elles n’en gardent pas moins quelques traces subsistantes qui font leur particularité. Si Jo apprend à être moins garçon manqué, par exemple, elle n’en garde pas moins son imagination débordante qui la faisait jouer à des « jeux de garçons » et qui lui permet d’être une formidable écrivaine. De même, le côté très fleur bleue de Meg s’estompe pour l’empêcher de se jeter dans les bras du premier venu mais lui permet aussi de tomber amoureuse et de construire une relation durable. La jeune lectrice peut ainsi très bien s’identifier à ces héroïnes si différentes les unes des autres – choisissant celle dont elle se sent le plus proche – et apprendre d’elle sans avoir à changer totalement.

          Et c’est en trouvant ce juste équilibre entre penchants naturels et respect des convenances que la famille March réussit à trouver le parfait bonheur. Les filles March tirent les leçons de leur passé pour ne pas se laisser aller à la désuétude totale mais aussi pour apprendre à profiter des petits moments de distraction qu’apporte le quotidien ; elles n’oublient jamais de venir en aide aux plus pauvres qu’elles ; elles savent se satisfaire d’un travail justement accompli ; elles découvrent que l’avenir et le changement ne sont pas forcément mauvais… Bref, nombre de belles leçons bien pensantes sont délivrées à travers ce roman. En tant que lectrice contemporaine, je dois dire que cette mièvrerie me laisse un peu sceptique au bout d’un moment mais, replaçant l’œuvre dans son contexte, je peux bien le lui pardonner.

          Les Quatre Filles du docteur March vient donc compléter un peu ma liste de ces classiques que j’aurais du lire depuis bien longtemps déjà et ce fut, dans l’ensemble, une bonne découverte bien que manquant un peu de piquant à mon goût. Me voilà maintenant prête à repartir à l’assaut d’un autre classique oublié mais cela, « c’est une autre histoire, qui sera contée une autre fois ».

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17 réflexions sur “Les Quatre Filles du Dr March, de Louisa May Alcott

  1. Olala, c’est aussi un livre que je traîne à lire depuis… Une éternité ! J’adorais le dessin animé quand j’étais enfant, ça a comme un vieux goût de souvenir.
    Dès que je tombe dessus en librairie, je l’achèterais, parce que je traîne… Mais tu m’as convaincue que je passais à côté de quelque chose !

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  2. J’ai vu le dessin animé, le film, lu le livre… c’est un classique de l’enfance, au même titre que Princesse Sarah ou La petite maison dans la prairie. J’ai lu ces livres ado, il ne m’en reste qu’un vague souvenir, une impression… et dans le cas des quatre filles du Dr March, ça se mélange trop avec le film!
    Normalement Jo est une projection de l’auteure elle-même.

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    • J’avoue que même sans avoir jamais vu le dessin animé des Quatre Filles du dr March, je les associe aussi assez facilement à Princesse Sarah (que j’adorais). Je pense que c’est cet espère de mélange entre situations dures et intrigues finalement assez désuètes que portent les deux^^
      Oui, c’est vrai pour Jo ! Peut-être pour ça que c’est souvent le personnage le plus emblématique du roman, d’ailleurs^^

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    • C’est vrai que tomber sur une belle édition peut prendre du temps, mais alors quel bonheur de l’ouvrir pour profiter d’une relecture d’autant plus qualitative ! Ça me semble mériter de prendre son temps^^

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    • je l’ai relu il y a 1 ou 2 ans et… oui il a beaucoup vieilli. En fait comme le souligne Adlyn, tout ce qui rend les soeurs attachantes… sont des défauts à « corriger ». Il faut vraiment mettre ce côté bienséance bien pensante de côté pour apprécier le bouquin ^^;

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    • Pour moi c’est un petit récit tranquille et agréable à lire mais qui, effectivement, ne tient pas vraiment la comparaison avec ce qu’on peut lire par ailleurs aujourd’hui^^

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