Découvrons… Les Opéras de l’espace, de Laurent Genefort

       Ma lubie SF ne trouvant pas de limites ces derniers temps, je me suis lancée fin juillet dans la lecture d’un space opera signé Laurent Genefort dont j’avais déjà adoré la trilogie Hordes en fantasy et qu’il m’a été très agréable de découvrir en science-fiction avec Les Opéras de l’espace.

        L’histoire est celle d’Axelkhann, un divo – masculin de « diva », je suis juste fan de ce néologisme – reconnu dans tout l’univers pour sa voix extraordinaire crée par une technologie alien dont l’instrument vocal déraille soudainement. Commence alors sa quête à la recherche de sa voix, au fin fond d’une galaxie particulièrement hostile dans laquelle il se faufile sous couvert d’une troupe de théâtre : La Compagnie des fous.

Ligne horizontale        Abyme & avenir.

       Comme le titre le suggère, le roman est entièrement construit sur une mise en abyme. C’est un space opera qui va nous parler d’opéra dans l’espace, une œuvre d’art qui va nous parler d’art, un artiste qui va nous parler d’artistes. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, en revanche, il va être très peu question d’opéra dans le roman mais surtout de théâtre, en fait. La mise en mouvements de l’art de manier les mots reprend ici toute sa signification jusqu’à atteindre son apogée lorsque l’une des pièces interprétée par la troupe que nous allons suivre dans le roman est elle-même nommée Les Opéras de l’espace. Quelque part, on sent une volonté de l’auteur de parler de son propre processus de création et de nous rappeler toute l’importance que revêt l’art dans la société. Même dans les fins fonds les plus reculés de l’espace, là où on vit pour survivre, là où seul l’essentiel importe, l’art arrive encore à répondre à un besoin réel ressenti par une population qui pensait ne rien pouvoir ressentir. Parce que l’art est universel, l’art parle à tous et l’art est l’expression absolue de l’humanité.

        Par ailleurs, on peut constater que l’histoire d’Axelkhann est entièrement tournée vers le passé : celui-ci se raccroche désespérément à ce qui lui a valu la gloire dans l’univers entier, incapable d’accepter sa nouvelle condition de divo déchu. Il se refuse ainsi à réellement aller de l’avant, préférant courir après ce que tout le monde appelle une chimère plutôt que de se construire une vie nouvelle. Il pourrait paraître surprenant alors qu’un auteur utilise la science-fiction, genre résolument tourné vers l’avenir, pour nous parler du passé mais, bien au contraire, la réflexion instillée par le roman va entièrement dans le sens de cette confrontation. Axelkhann y comprend qu’il est inutile de mettre sa vie sur pause pour se raccrocher désespérément à un passé révolu car un avenir tout neuf est déjà en train de nous ouvrir les bras et qu’il ne se construit sur un autre temps que le présent. Le roman acquiert ainsi toute une dimension réflexive qui lui confère une nouvelle perspective.

Ligne horizontale      En bref :

     Épopée spatiale réflexive, Les Opéras de l’espace nous fait partir bien loin pour, au final, en revenir au plus près car c’est en partant aux confins de l’univers que son héros peut se retrouver au mieux et nous aider à porter notre propre réflexion interne, à son image. Une jolie philosophie pleine d’action qui vaut son détour dans l’espace.

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